Constitué par des esclaves libérés et rapatriés du continent américain, le Libéria a été, en 1847, le premier état indépendant de l’Afrique, alors colonisée par les puissances européennes.

Grâce à l’institution d’un régime censitaire et autoritaire, et malgré l’opposition des populations autochtones, le Libéria sera dirigé par les Américano-Libériens, jusqu’au coup d’Etat sanglant du 12 avril 1980, mené par le sergent-chef Samuel K. DOE.

Ce dernier, promu général, suspend la Constitution, supprime les libertés politiques et s’attribue les pleins pouvoirs. Son ascension à la tête du pays, caractérisée par la corruption et la violation systématique des droits de l’homme aboutira en 1989 à une guerre civile.
Il sera assassiné en septembre 1990.

A la fin de cette même année, Charles Taylor, instigateur de la rébellion et le leader du National Patriotic Front of Liberia, occupe 90% du territoire libérien à l’exception de la capitale.

Après plusieurs tentatives infructueuses menées par différentes organisations internationales, La CEDEAO (la communauté économique des Etats de l’Afrique de l’Ouest) arrive à imposer l’organisation d’élections générales et le désarmement des factions.

Et c’est finalement Charles Taylor, qui sera élu président le 19 juillet 1997 avec 75% des voix.

En mars 2001, le Conseil de sécurité de l’ONU décréta un embargo sur les armes à destination du Liberia. Cet embargo était destiné à mettre fin au soutien du pays aux rebelles du Front révolutionnaire uni (RUF) de Sierra Leone.

En 2003, face à l’avancée de la rébellion des Libériens unis pour la réconciliation et pour la démocratie (LURD) et du Mouvement pour la démocratie au Liberia (Model), Charles Taylor renonce au pouvoir et s’exile au Nigeria. En mars 2003, il est inculpé par le tribunal spécial de l'ONU en Sierra Leone. Il est accusé de 17 chefs d'accusation, dont crimes de guerre et crimes contre l'humanité, pour avoir exporté la guerre civile dans le reste de l'Afrique de l'Ouest en échangeant des armes contre des diamants extraits par des groupes rebelles dans la région.

Le 18 août 2003 un accord de paix, soutenu par l’ONU, est signé entre les partisans de Taylor et les rebelles. Le 14 octobre 2003 Gyude Bryant, du Parti de l'action pour le Liberia, devient chef de l’Etat. Le régime de transition est chargé de préparer les élections qui devraient se en octobre 2005.

Ellen Johnson Sirleaf, diplomée d’Harvard, plusieurs fois ministres dans les années 70 et ancienne économiste à la Banque Mondiale, a remporté le 11 novembre 2005 l'élection présidentielle au Liberia, avec 59,4% des suffrages contre 40,6% à son adversaire George Weah, ancien joueur de football talentueux et très populaire.
Elle devient ainsi  la première femme élue présidente sur le continent africain.