DIAKADI / Afrique de l'Ouest / Côte d'Ivoire

Les premiers peuplements

L’histoire de la Côte d’Ivoire est peu connu avant l’arrivée des grandes vagues de peuplement venues du nord (Senufo et Malinké), de l’ouest (Kru) et de l’est (Akan).

Au nord de la Côte d’Ivoire s’établit le commerce transsaharien dès le X e siècle. Les Mandingues  s’y installent vers le XIII e siècle  près de la forêt dans une région riche en or et en noix de cola. Au cour des siècles des cités marchandes voient le jour sur la conduite des marchands Dioula originaires de l’empire malien, le commerce à longue distance se développe.  Au XVIII e siècle, la cité- État de Kong occupe une place prédominante dans la région.

Les Malinkés  islamisés étendent leur supériorité dans la région, en renversant les Lobis et les Sénoufos (agriculteurs, forgerons et artistes remarquables), présents depuis le XI e siècle, ces derniers voulant conserver leurs croyances animistes, grâce aux efforts des musulmans Ouattara renverse le pouvoir traditionnel animiste et étend sa domination sur les régions comprenant l’actuelle Bobo-Dioulasso.

Les Akans arrivent du  Ghana au début du XV e siècle. Les Baoulés, groupe proche de celui des Ashantis , présidés par la reine Abla Pokou se fixent dans le centre du Pays.

Les premières tentatives d’implantation européennes

Les explorateurs Portugais s’installent dès le XVe siècle sur la côte et organisent la traite des Noirs et le commerce de l’ivoire.

De cette période datent les différentes appellations données au pays par les Européens, lesquelles varient en fonction de l’accueil que les populations leur réservent et des produits qu'ils troquent avec celles-ci: le pays est successivement dénommé "Côte des mal gens" ( ou des "mauvaises gens"), "Côte des dents d'éléphans".

Compte tenu du littoral inhospitalier de la Côte-d’Ivoire et de l’accueil peu chaleureux des autochtones, l’établissement de comptoirs côtiers européens sera tardif et ils n’auront jamais l’importance de ceux situés à l’ouest, au Sénégal, en Guinée et en Sierra Leone, ou à l’est, en Gold Coast (Ghana) et sur le golfe du Bénin.

La colonisation française

Les Français dès le début XIX e siècle arrivent sur la côte. Ils entrent en conflit avec les Britanniques qui convoitent la Côte-de-l’Or ( Ghana ).
Jusqu’aux expéditions de Binger, Crozat, Marchand et Clauzel (1887-1899), la zone forestière était encore isolée du reste du monde.

Maison Coloniale à Grand Bassam

Maison Coloniale à Grand Bassam
(avec l’aimable autorisation de Bernard Cloutier)

En voulant conquérir l'intérieur des terres, la France se trouve confrontée dans le nord au malinké, Samory Touré dont les forces  sont armées de fusils fournis par la Grande Bretagne. En 1897, Samory  détruit la cité des Kongs, sous prétexte que les habitants ont pactisé avec la France.
La savane septentrionale ne sera conquise qu’après la défaite de Samory en 1898.

En 1904, le pays devient colonie française. Les révoltes des Baoulés et des Bétés durent jusqu’en 1915.

Les années Houphouët

La culture du café s’étend et de petits planteurs naissent.
Dès 1932 l’un d’eux, Félix Houphouët-Boigny se fait remarquer par ses contestations contre la possession des terres par les grands propriétaires coloniaux et contre la politique économique qui pénalise les petits planteurs autochtones. Entre 1932 et 1947, les régions très peuplées du centre et du sud de la Haute-Volta (actuel Burkina) fournissent des habitants pour le travail des plantations. Le recours au travail forcé, pour la construction de la voie ferrée entre Abidjan et Ouagadougou, fait réagir  Houphouët-Boigny en 1944. Il crée un syndicat agricole africain, qui est à l’origine du Parti démocratique de Côte d’Ivoire (PDCI). En 1946, député de la Côte d’Ivoire à l’Assemblée française, Houphouët-Boigny est à l’origine de la loi qui abolisse le travail forcé dans les territoires d’outre-mer.

Le 4 décembre 1958, la Côte d’Ivoire devient une république au sein de la Communauté française. Houphouët-Boigny du PDCI-RDA, alors apparenté au Parti assure les fonctions de Premier ministre. Il devient le président lors de l’indépendance le 7 août 1960.

La Côte d’Ivoire sous l’égide d’ Houphouët -Boigny connaît la stabilité, une forte croissance économique entre 1960 et 1970 (le «miracle ivoirien») et le parti unique crée une caisse de stabilisation qui permet aux paysans d’avoir des revenus réguliers. En 1990, Houphouët-Boigny sous la pression des manifestations instaure le multipartisme. En octobre 1990, Houphouët-Boigny est réélu pour un septième mandat de cinq ans, se sont les premières élections pluralistes: en 1992, les principaux leaders de l’opposition, dont Laurent  Gbagbo, sont emprisonnés.

La présidence d’Henri Konan Bédié

A la mort d’Houphouët, en 1993 le président de l'Assemblée nationale Henri Konan Bédié devient chef du gouvernement selon la Constitution. Le scrutin présidentiel d’octobre 1995 est marqué par des violences intercommunautaires touchant les immigrés. Ces dissensions opposent, dans l’ouest du pays, les Bétés aux Baoulés, tandis que les musulmans du Nord et les Burkinabés immigrés de longue date désapprouvent la décision marginale vis à vis d’Alassane Ouattara, ancien Premier Ministre.

Le 26 décembre 1999, le chef de l'armée ivoirienne, le général Robert Gueï, destitue le président Bédié. Celui-ci se réfugie d’abord au Togo, puis en France. Avec  l'accord des partis de l'opposition, dont celui de Ouattara et du président déchu, Gueï met en place un Comité national de salut public (CNSP) qui s'engage à organiser des élections.  En janvier 2000, la formation d'un gouvernement de transition comprenant le Front populaire ivoirien de Gbagbo et le Rassemblement des républicains de Ouattara échoue. Laurent Gbagbo, candidat à la présidentielle, invoque le problème de «l'ivoirité» annonçant  qu'un candidat à la présidentielle doit être né de parents ivoiriens.

La présidence de Laurent Gbagbo (2000- ....)

En octobre 2000, c‘est le premier tour de l’élection présidentielle et la fin de la transition militaire. Laurent Gbagbo déclare être le gagnant et le général Gui tente de garder le pouvoir par un coup d’État. Suite à de manifestations importantes, il prend la fuite. Laurent Gbagbo est nommé président de la République.

D’octobre à décembre 2001, un Forum de réconciliation nationale à Abidjan réunit les quatre principaux acteurs de la crise ivoirienne : Laurent Gbagbo, l’ancien président Henri Konan Bédié, le général Gui et Alassane Ouattara.

Laurent Gbagbo est reconnu  légitime par l’acceptation des résultats des élections présidentielle et législatives et la reconnaissance de la nationalité ivoirienne d’Alassane Ouattara est acceptée par le sommet de Yamoussoukro en janvier 2002. En juin, Alassane Ouattara est doté d’un certificat de nationalité délivré par la justice ivoirienne.

Le 19 septembre 2002, c'est le début d’une insurrection militaire dans le nord du pays, le président Gbagbo est en voyage en Italie à ce moment là. Les rebelles s’emparent de la ville de Bouaké. Le ministre de l’Intérieur, Émile Boga Doudou, et le général Gueï sont assassinés. Les pays est coupé en deux à partir de Bouaké. Le 29 septembre 2002, la CEDEAO (Communauté économique des États de l'Afrique de l'Ouest) réunie à Accra crée un groupe de contact et envoie une force de paix de plus de 2000 soldats.

Un accord de cessation des hostilités est signé le 17 octobre 2002 entre le gouvernement ivoirien et les rebelles qui contrôlent la moitié nord du pays. Depuis c’est l’impasse.

Les années de crise : "le pays est scindé en deux"

En janvier 2003 sous l’égide de la France les accords de Marcoussis sont signés entre le camp présidentiels et les forces nouvelles afin que soit mis en place un gouvernement de réconciliation nationale. Seydou Diarra est nommé au poste de Premier ministre.
L'accord prévoit le désarmement des forces militaires ivoiriennes et des rebelles. En outre il attribue aux rebelles des postes-clés tels que ceux des ministères de la Défense et de l'Intérieur. Les jeunes patriotes, partisans du présidents Gbagbo, rejetteront ce nouveau gouvernement et organiseront maintes manifestations pour exprimer leur mécontentement.

Pour trouver une issue à la crise, le président Gbagbo et les rebelles ont rencontré plusieurs chef d'états africains notamment les Présidents Gnassingbé Eyadéma du Togo et John Kuffour du Ghana. Sans aucun résultat.

En mars 2004, suite à la répression meurtrière d’une manifestation interdite de l’opposition à Abidjan, des ministres issus des FN (forces nouvelles : mouvement politique regroupant les rebelles du nord et de l’ouest) et de partis d’opposition se retirent du gouvernement. Cet événement conduira l'ONU à intervenir et à placer sous mandat des Casques bleus, les 1300 soldats ouest-africains.

Le 4 novembre 2004, au petit matin, les forces armées ivoiriennes bombardent les positions des ex-rebelles à Bouaké et Korhogo et ce pendant deux jours. Lors de ces bombardements, neuf soldats français seront tués. En représailles, les troupes françaises détruisent les moyens aériens militaires ivoiriens. Il s’ensuit des manifestations anti-françaises organisées par les partisans du président Gbagbo et des violences à l’égard des ressortissants français et des "blancs" en général.

La rumeur d’un renversement imminent de Gbagbo par les Français, mène des milliers d’Abidjanais à converger vers l’hôtel Ivoire où se sont regroupés les forces militaires françaises. L’objectif est de se placer entre la résidence présidentielle et l’hôtel Ivoire, séparés par à peine un kilomètre, et servir de "bouclier humain" au chef menacé. Les esprits s’échaufferont et les affrontements feront une cinquantaine de mort parmi les ivoiriens.

La brusque flambée de la crise a amené les chefs d’État africains, à Abuja, et le Conseil de sécurité de l’ONU, à New York, à imposer l’embargo sur les armes assorti de menaces de sanctions individuelles. En vue d’organiser les futurs élections présidentielles d’octobre 2005. Le président sud-africain Thabo Mbeki commence des consultations sur la Côte d'Ivoire pour tenter de sortir ce pays de la crise. Sa médiation s’achèvera sur un échec 10 mois plus tard.

Le 21 octobre 2005, le Conseil de sécurité de l'Onu adopte à l'unanimité la résolution 1633 qui proroge pour une période n'excédant pas 12 mois le mandat du président Laurent Gbagbo. Un Premier ministre "acceptable pour tous" devra être désigné avant le 31 octobre. Il devra disposer d'un mandat étendu à savoir "de tous les pouvoirs nécessaires", ainsi que de "toutes les ressources financières, matérielles et humaines voulues, en particulier dans les domaines de la sécurité, de la défense et des affaires électorales".

Après maintes tentatives infructueuses, la médiation africaine conduite par les chefs d'Etat nigérian Olusegun Obasanjo, nigérien Mamadou Tandja et sud-africain Thabo Mbeki, désigne le 4 décembre Charles Konan Banny, gouverneur de la Banque centrale des Etats de l'Afrique de l'ouest (BCEAO), comme Premier ministre de la Côte d'Ivoire.