DIAKADI / Afrique de l'Est / Le Burundi

Lorsque l’Urundi fut colonisé par l’Allemagne en 1880, il prit le nom de Burundi et fut rattaché à l’Afrique- Orientale allemande ainsi que le Rwanda. Pendant la seconde guerre mondiale, sous l’influence des troupes Belges du Congo ils formèrent le territoire du Ruanda-Urundi avec Usumbura, aujourd’hui connu sous le nom de Bujumbura comme capitale. Les troupes belges maintiennent leur tutelle sur ces 2 pays avec l’aide de L’ Organisation des Nations unies (ONU). 

Avec l’acquisition de son indépendance en juillet 1961, le Burundi devient une monarchie constitutionnelle, membre des Nations unies. Dans la même période de nombreuses revendications opposent les tutsi et les hutu et les entraînent dans une pluralité de confrontations. L’histoire politique du Burundi est faite d’innombrables coups d’état . 

En juillet 1966, le mwami Mwambutsa IV est renversé par le coup d’état des militaires. Son fils, le moderniste Ntare V lui succéde. Il sera rapidement remplacé par le Capitaine Michel Micombero et prend la fonction de président et sera à son tour renversé par un coup d’état. lui-même sera remplacé par le général Jean-Baptiste Bagaza. L’instabilité entre tutsi et hutu est à l’origine d’un nouveau coup d’état. En septembre 1987, Jean-Baptiste Bagaza est remplacé par le major Pierre Buyoya de l’ethnie tutsi. D’autres confrontations se succèdent entre tutsi et hutu jusqu’à la mort du président Cyprien Ntaryamira en même que le président du Rwanda, Juvénal Habyarimana, dans l’avion qui l’emmenait au Rwanda. Sylvestre Ntibantunganya, ancien président de l’Assemblée nationale, assume les fonctions de président, mais ne dispose pas de véritables pouvoirs.
Le pays est d’autant plus fragilisé qu’il doit faire face l’arrivage massif de réfugiés rwandais.En juillet 1996, l’ancien président Pierre Buyoya chasse le président hutu Ntibantunganya et prend le pouvoir. Des représailles prises par la communauté internationale posent un embargo contre le Burundi dès lors les espoirs du paix s'amenuisent, le président prendra des décisions défavorables aux Hutus , le pays connaîtra une guerre civile qui causera la mort de milliers de hutus. 

En août 2000, un accord de paix et de réconciliation entre le pouvoir et l’opposition est signé à Arusha en Tanzanie sous l’égide de Nelson Mandela : le pouvoir devra être partagé entre Tutsi et Hutu pendant une période de transition de trois ans. 700 soldats sud-africains seront chargés d’assurer la sécurité des hommes politiques et de maintenir l’ordre.Toutefois la guerre civile ne cesse pas et le président Buyoya échappe de peu à un coup d’état en avril 2001. La mise en place d’un gouvernement de transition comprenant 14 ministres Hutus et 12 ministres Tutsi avec pour président, Pierre Buyoya et pour vice-président le hutu Domitien Ndayizeye fait naître un espoir de paix.

Le nouveau président de la république, le deuxième depuis l’accession à l'indépendance du Burundi, en 1962 a été le 19 août 2005 avec 94 % des suffrages. Il s’agit de Pierre Nkurunziza, 40 ans, seul candidat en lice pour les premières élections présidentielles organisées dans le pays depuis 1993. Ex-leader rebelle de l'ethnie majoritaire hutue, le nouveau président est à la tête du CNDD-FDD (Conseil national pour la défense de la démocratie-Forces pour la défense de la démocratie).

Cette formation politique issue de l'ex-principale rébellion FDD (Forces pour la défense de la démocratie) se présentait pour la première fois à des élections et a gagné la majorité dans tous les scrutins : la présidentielle, la majorité à l'Assemblée nationale et au Sénat, et chez les maires.

Le CNDD-FDD, a réussi à s'imposer avec un discours rassembleur, de paix et de changement.
La principale revendication du CNDD-FDD était l'intégration de la majorité hutue dans l'armée et les institutions politiques.
C’est chose faite depuis l’adoption par référendum en février 2005 de la nouvelle Constitution qui répartit de façon plus équitable le pouvoir entre les deux principales ethnies.
L'armée est, quant à elle, désormais composée à parité de Tutsis et de Hutus.