DIAKADI / Afrique Australe / Swaziland

Les premiers peuplements

Le peuplement du Swaziland semble remonter à la préhistoire, les recherches archéologiques ont mis à jour des ossements humains démontrant la présence d'hommes il y a 100 000 ans.
Les premiers habitants du Swaziland étaient des chasseurs-cueilleurs Khoïsan (ancêtres des san ou bushmen).

Les peuples bantous

Il semblerait néanmoins que le peuplement des plateaux ne remonte qu’au 17è siècle lorsque les swazis se sont mêlés aux bantous arrivant de l’Afrique centrale et s’installèrent dans l’est du Swaziland et dans le nord de l’Afrique du sud.

Au milieu du 18è siècle les attaques zoulous ayant fait des ravages dans le royaume, le roi Mswati fut contraint de demander protection des britannique. Cela eu pour effet une migration massive de colons, notamment de boers venant d’Afrique du sud, qui accaparaient la terre des swazis avec la complicité du roi qui y trouvait un intérêt financier.

En 1888, les boers, fermiers hollandais reçurent de l’Angleterre, l’autorisation de s’administrer eux-mêmes et l’année suivante, un accord passé avec cette même Angleterre, transmis le Swaziland sous l’administration du Transvaal (Au 19è siècle, république boers située au nord-est de l’Afrique du Sud).
Devant la menace que constituaient les boers qui s’accaparaient toutes les meilleures terres, les swazis firent une seconde fois appel aux britanniques.

Le Protectorat

La deuxième guerre du Transvaal et le traité de Vereeniging signé le 31 mai 1902 entre les boers et la couronne britannique mit fin à la domination des boers sur le Swaziland. Le pays devint protectorat britannique.

En 1910, le Swaziland échappa à l’annexion par la colonie de l’Union sud-africaine créée par les britanniques pour rassembler toutes les anciennes colonies britanniques et les colonies boers. Pour autant, les swazis ne récupèrent pas leurs terres.

En 1921, lorsque le nouveau roi, Sobhuza II entrepris de racheter les terres aux colons grâce à l'argent accumulé par l'imposition des travailleurs immigrés et à l'exploitation des mines, seulement 37% des terres étaient aux mains des swazis.

A partir de 1963, une opposition à l’occupant anglais commence à ce faire jour, c’est la création du Ngwane National Liberatory Congress (NNLC) soutenu par le Prince Dumisa Dlamini.
Conseillé par son avocat sud-africain et pour face face à la menace que représentait le Prince Dumisa Dlamini, le roi Sobhuza II fonda l'Imbokodvo National Movement.

De son côté, la Grande-Bretagne entreprit de préparer l’indépendance : elle promulgua la Constitution et organisa des élections législatives.
Soutenu par les milliers de colons blancs rassurés par son conservatisme, l'Imbokodvo National Movement du roi Sobhuza II obtint 85% des voix lors de l’élection de 1964.
Le 9 septembre 1964, le Conseil législatif et le Conseil exécutif issus des élections furent constitués.

La Monarchie absolue

En 1967, le Swaziland obtient l’autonomie interne, le 6 septembre 1968, il accède à l’indépendance.
Cependant la démocratie fut de courte durée, le roi Sobhuza II s’arrogea des droits non inscrits dans la constitution. Il nomma des ministres sans consulter le parlement ne prenant avis que des conseils traditionnel swazis. En 1973, il suspendit la Constitution interdisant toute activité politique et régna en monarque absolu. Il mourut en 1982.

S’ensuivit une longue lutte de succession chacune des 100 femmes voulant être la régente et chacun de ses 67 fils monter sur le trône.
En 1986, le prince héritier Makhosetive est finalement couronné, sous le nom de Mswati III.

Le nouveau roi n’est pas non plus un modèle de démocratie, il refuse aux partis politiques qui ne sont pas des partisans sans faille de la monarchie le droit de s’exprimer et de se réunir.
Ses méthodes conduiront dans les années 90 à une révolte parmi les ouvriers et les étudiants encouragés par la vague de démocratisation qui a déferlé sur l’Afrique du Sud et le Mozambique voisins.
Pour calmer l’impatience de la population, le roi promit une nouvelle constitution qui n’est entrée en vigueur qu’en février 2006.

Malgré les pressions extérieures, le processus de démocratisation est très lent au Swaziland. La nouvelle constitution prévoit que le gouvernement reste fermement dans les mains de la monarchie. Bien qu’elle reconnaisse le respect des droits de l'Homme, les partis politiques sont toujours considérés comme de simples associations.