Les premiers peuplements

Un crâne d'australopithèque (datant d’il y a environ 2,5 millions d'années) a été découvert dans la mine de diamant d'Auchas.
Des peintures rupestres attestent de la présence humaine dans le désert du Namib depuis au moins vingt-cinq mille ans. Cependant les ancêtres des Bochimans, les boskop, sont reconnus être les premiers habitants, qui vivaient traditionnellement de cueillette et de chasse, et qui se sont réfugiés dans la région au début de notre ère.

Les éleveurs Khoi-Khoi (ou hottentots) sont aperçus vers le IXe siècle, venant de l’Afrique orientale, peu avant l’arrivée des Bantous. Parmi ces derniers, certains sont agriculteurs, comme les Ovambo, et d’autres pasteurs, tels les Herero.
Au 15è siècle, les Khoi-Khoi dominent toute l'Afrique australe. Dans le même temps, les marins portugais cherchent la route des Indes ; le capitaine Diego Cao accoste en 1488, au cap Cross où il érige un padrao (croix) dédié à son protecteur, le roi Joao II, qui servira de repère aux explorateurs suivants.

Au 17è siècle, les Herero occupent le nord et l'ouest du pays. Ils s'opposant violemment aux Khoi-Khoi pour la maîtrise des parcours de transhumance et soumettant progressivement tous les groupes indigènes.
Des marins hollandais venus du Cap (Afrique du Sud) remontent le long de la côte.
Jacobus Coetse, chasseur du Cap, traverse le territoire d'Orange en 1750 et ouvre la chemin aux Blancs, chasseurs, marchands et missionnaires.

La colonisation allemande

Les Allemands occupent la côte ouest en 1878, à Lüderitz. Craignant les incursions étrangères, les autorités du Cap placent, en 1878, les ports d'Angra Pequena et de Walvis Bay sous protection hollandaise. Parallèlement l'œuvre évangélisatrice se poursuit, avec la création de plusieurs missions.

En 1883, Adolf Lüderitz demande au chancelier Bismarck de placer la région sous "protection" allemande. Peu enthousiaste, l’Allemagne y établit, en 1884, un protectorat, appelé Sud-Ouest africain allemand. Les fermiers allemands viennent s’y installer, suivis de marchands et d'autres colons.

A l’intérieur des terres, les Herero résistent. Ils sont bientôt rejoints par les Nama, qui leur sont pourtant traditionnellement hostiles, et les Ndonga.
Le général allemand Lothar Von Trotha déclare : "Tout Herero, qu'il soit armé ou non d'un fusil (...) sera exécuté". Créée en 1890, la puissante et sinistre Schutztruppe, l’armée coloniale, écrasera de manière impitoyable la résistance.
La répression allemande dure jusqu’en 1908 et prend l’aspect d’un génocide. Elle est encore plus vive à partir de 1906, lorsque des diamants sont découverts à Lüderitz, ce qui provoque un afflux de colons qui chassent les indigènes de leurs terres.
La répression fait 60 000 morts et manque d’anéantir le peuple herero qui périt à 75%. Les survivants fuiront dans le kalahari ou seront transférés dans le "homeland" attribué par le gouvernement et y expérimenteront le travail forcé.
Le souvenir de cette répression demeure vivace : en septembre 1995, trois cents Herero viennent ainsi demander réparation au chancelier allemand Helmut Kohl, en visite dans le pays.

Lors de la première guerre mondiale, l’Afrique du sud, pressée par la Grande-Bretagne, envahi le sud ouest africain.

En 1915, après une défaite rapide face à l'Union des troupes de l'Afrique du Sud, l'Allemagne remet la gestion de la colonie au Premier ministre sud-africain, Louis Botha. L’Allemagne qui le territoire pour ne plus jamais revenir mais non sans laisser une profonde empreinte de son passage sur ce territoire.
Aujourd'hui on peut encore voir de nombreux vestiges de la période allemande. Ainsi, la Namibie est le seul pays africain, qui a un quotidien en allemand. Il existe également une pléthore bâtiments et monuments érigés dans la période coloniale allemande. Enfin, la langue allemande coexiste avec de nombreuses autres langues non officielles qui sont parlées dans le pays.

L'occupation sud-africaine

Après la capitulation allemande la loi martiale est déclarée et prévaudra jusqu'en 1919. Pendant cette période, les populations noires ont pu reprendre leur terre non exploitée par les blancs.

Le traité de Versailles, après la Première Guerre mondiale, oblige l’Allemagne à abandonner ses colonies. Le 17 décembre 1920 la Société des nations (ex ONU) déclara le Sud Ouest Africain sous mandat, confié à sa Majesté Britannique, mais exercé en son nom par le gouvernement de l'Union Sud Africaine.

L'expropriation des fermiers noirs continue, au profit des fermiers blancs sud-africains qui obtiennent la majorité des terres. En 1928, les Homes Lands (réserves délimitées pour Noirs) et la ségrégation sont instaurés.

Lorsque la SDN a été remplacée par l'Organisation des Nations Unies en 1946, la requête de l'Afrique du Sud d'annexer le territoire est rejetée. L’Afrique du Sud refuse de placer le territoire en régime international de tutelle. Le mandat est reconduit.

Résolue à faire du pays une province de l'Union à part entière, l'Afrique du Sud renforce son pouvoir. En 1949, elle accorde à la population blanche installée dans sud ouest africain une représentation parlementaire à Pretoria et lui réserve les meilleures terres namibiennes.

En 1958, les Ovambo, peuplant le nord du pays, ont fondé le Congrès du peuple Ovambo avec à leur tête, Samuel Nujoma. Ils réclament l’indépendance. Le parti s’ouvre, deux ans plus tard, aux mouvements des autres communautés, et devient l’Organisation du peuple du Sud-Ouest africain (la SWAPO).

En 1964 sont créés une "zone blanche" et 10 "homeland" (1 par ethnie). C’est la suite logique de la mise en place, en 1950, du régime de la ségrégation raciale, inspiré de l'apartheid sud-africain.

L'intervention de l'ONU

Face à la ségrégation raciale et le déni des droits des non-blancs exercés par l’Afrique du Sud, l'ONU met fin en 1966 à son mandat sur le Sud ouest africain et le remplace par un Conseil pour le Sud-Ouest africain.

Tandis que les instances internationales tentent de régler par des moyens juridiques le sort de la Namibie, Sam Nujoma, qui a d’abord exprimé son refus de l’occupation sud-africaine et de l’apartheid par des manifestations pacifiques, décide, le 26 août 1966 (devenu jour de la fête nationale), la lutte armée.

En 1968, L’ONU change le nom du territoire en celui de Namibie.
Après une longue bataille juridique, le Conseil de sécurité de l’ONU vote en 1969 ordonne le retrait immédiat de l’Afrique du Sud du territoire namibien.
L’Afrique du Sud continue d’ignorer ces résolutions onusiennes et renforce son contrôle des affaires territoriales.

En juin 1971, la Cour internationale de justice des Nations unies qualifie d’"illégale" l’occupation de la Namibie par l’Afrique du Sud, qui continue cependant à l’administrer.
En 1972, l’ONU exige enfin le retrait de l’Afrique du Sud de la Namibie et reconnaît officiellement, en 1973, la SWAPO comme le "représentant authentique" du peuple de la Namibie.

La lutte pour l'indépendance

En 1974, la SWAPO débute la guérilla contre la présence sud-africaine.

Dès le début de 1978, cinq membres du Conseil de sécurité des Nations unies entament des négociations avec l'Afrique du Sud et la SWAPO pour la signature d’un cessez-le-feu et l’organisation d’élections sous l’égide de l’ONU.
En 1978, ont lieu des élections supervisées par l'Afrique du Sud, pour une assemblée nationale en Namibie. Toutefois, ni l'ONU ni la SWAPO, ne reconnaît ces élections, et en 1983 l'Afrique du Sud dissout l'Assemblée nationale et rétablit la gestion directe. Mais celle-ci sera de courte durée. En effet en 1985 l'Afrique du Sud met en place en Namibie un gouvernement intérimaire et une assemblée.

En 1988, l’Afrique du Sud accepte enfin de signer les accords de Brazzaville sous l’égide de l’ONU, qui promulguent l’indépendance de la Namibie, en échange du retrait des troupes cubaines et de l’Angola.

En 1989, le cessez-le-feu entre la SWAPO et forces sud-africaines entre en vigueur. C’est le début d'une période transitoire menant à l'indépendance. Lors des élections lieu plus tard cette année-là, la SWAPO remporte la majorité dans l'Assemblée constituante chargée de rédiger la constitution.

En 1990, la constitution a été adoptée et la Namibie devient indépendante le 21 mars. Samuel Nujoma, leader de la SWAPO, est le premier président élu démocratiquement.

Depuis l'indépendance

Toutefois, l'enclave de Walvis Bay dont les frontières avaient été tracées avec l’autorité allemande en 1911, reste une possession d'Afrique du Sud. En 1991, la Namibie et l'Afrique du Sud mettent en place une association temporaire d'administration sur le territoire et, en 1994, l'Afrique du Sud rend Walvis Bay à la Namibie.

La SWAPO remporte une large victoire aux élections de 1994.

En novembre 2004, la SWAPO remporte les élections présidentielles, législatives et régionales face une opposition divisée. Hifikepunye Pohamba devient au mois de mars 2005, le deuxième président de Namibie.