DIAKADI / Afrique Australe / Mozambique

Ancienne colonie portugaise, indépendant depuis 1975, le Mozambique a connu une période fragilisée causée par une guerre civile qui a duré quinze ans.

Les premiers peuplements

Les premiers habitants du Mozambique ont été les san, un peuple de chasseurs et de collecteurs également appelés bushmen par les hollandais venus s’installer sur leur territoire.
Entre le 1er et le 4è siècle après Jésus-Christ, des vagues de bantous, fermiers et forgerons venus du nord, ont émigré à travers la vallée du fleuve Zambèze et envahi le pays, chassant les san plus au sud.

Les navigateurs indiens et arabes battirent de nombreux comptoirs sur la côte est de l’Afrique, d’où étaient exportés l’or, le fer et le cuivre extraits du zambèze.

L’implantation portugaise

Le Portugais Vasco de Gama découvrit les côtes dès sa première expédition en 1498 et s’empara des comptoirs arabes lors de son second voyage.

Les descendants métis des premiers colons portugais, les pomberos, développèrent le commerce de l'ivoire, des métaux et des esclaves. On estime que 16 millions d'africains auraient été déportés vers les dépendances mexicaines et brésiliennes du Portugal mais que seulement 4 millions auraient survécu au voyage épouvantable dans les cales des navires négriers portugais.
La traite des Noirs ne fut interdite par le Portugal qu’en 1856, mais le commerce clandestin continua avec le Brésil jusqu'en 1862. Elle fut remplacée par le système des engagés qui consistait à envoyer, contre leur volonté et moyennant une faible rémunération, les indigènes, travailler là où il manquait de la main d’œuvre (Zanzibar, les Îles Mascareignes etc). Ce système perdura jusqu'au début du 20è siècle.

Le Mozambique attirant peu les Européens, le pouvoir portugais lança, à la fin du 18è siècle, une campagne de colonisation consistant à attirer des colons en leur offrant des concessions de très longue durée sur les terres de la Couronne. Sans succès.
Une importante communauté métissée se développa mélant coutumes africaines et droit portugais.

Avec l’ouverture du canal de suez, le Mozambique perdit son statut de plaque tournante entre l’Asie et l’europe. Les portugais décidèrent en 1907 de déplacer leur capitale à Lourenço-Marques (l’actuelle Maputo) pour se rapprocher de l’empire britannique de l’Afrique du sud et de la Rhodésie et resserrer leurs liens économiques.

Le durcissement de la colonisation

Au 20è siècle, l’administration portugaise devint de type autocratique et le régime colonial se durcit considérablement en 1933, suite à l’arrivée au pouvoir, au Portugal, de Antonio de Oliveira Salazar.
Sous couvert de mission civilisatrice, le Portugal instaura le régime de l'indigénat aux Noirs, les privant ainsi du droit à l’éducation et de tous les autres droits de l’homme qui étaient réservés aux portugais et aux assimilés (les métis).
Au contraire, ils furent spoliés de leurs terres et exclus de tout pouvoir politique et économique, soumis aux travaux forcés, aux châtiments corporels, à l’interdiction de circuler la nuit, aux réquisitions, etc.
Ce régime de l’indigénat subsista jusqu’en 1961.

La vie des populations locales fut terriblement affectée par le travail forcé et les mauvais traitements.
Toute velléité de représentation politique et de revendication de la part des élites mozambicaines en vue d’obtenir l’amélioration des conditions de vies du peuple était systématiquement et sévèrement réprimée.
Pendant cette période, le nombre de colons augmenta de manière spectaculaire avec l'arrivée de nombreux portugais pensant faire oeuvre de génie colonisateur par le metissage cultutel et racial.

En 1951, le Mozambique devient une province portugaise d’outre-mer.
Il fut permis aux mozambicains de devenir des citoyens portugais à condition de savoir lire et parler correctement le portugais, d’avoir un casier judiciaire vierge, de produire deux témoignages de moralité et un certificat médical. En fait cela ne concernait que 2% de la population noire mozambicaine.
Un embryon d’institutions politiques est mis en place avec la nomination, par le Conseil des ministres du Portugal, d’un gouverneur général du Mozambique disposant des pouvoirs exécutif et législatif, et assisté d’un Conseil de gouvernement et d’un Conseil législatif.

La lutte pour l'indépendance

En 1964, l’année de la fin du monopole de l’église sur l’éducation et 3 ans après la fin de l’indigénat, le Front de libération du Mozambique (Frente de Libertação de Moçambique), le FRELIMO, d’obédience communiste, fut fondé par Eduardo Chivano Mondlane, remplacé à la tête du mouvement, en 1969, après son assassinat, par Samora Moises Machel.

Soutenu militairement par la Chine et l’Union soviétique, le FRELIMO entreprit de combattre le colonisateur portugais en commençant par le nord et les grands centres du pays. Contrairement à ses voisins européens dont le processus anticolonial avait commencé depuis la fin des années 50, le Portugal continue de se ruiner dans la guerre coloniale et envoie davantage de militaire en Afrique, et ce, même après la mort de Salazar. Il faudra attendre 1974 et la révolution des œillets pour que le Portugal décide de mettre fin à son empire colonial.

Le 25 juin 1975, le Mozambique obtint son indépendance négociée par le dirigeant du FRELIMO, Samora Machel.
En quelques jours, plus de 250 000 européens quittent le pays mais détruisent une grande partie des moyens de transport et des machines.

La guerre civile

Le FRELIMO, très largement soutenu par la population, devient, à l’indépendance, le seul parti du pays et met en place un régime socialiste, nationalisant secteur agricole et industriel. Il mit en place une politique de soutien aux nationalistes sud-africains et de la Rhodésie du sud (actuelle Zimbabwe) luttant contre la domination blanche. Ce soutien et son appartenance au bloc communiste en firent une cible privilégiée de ses voisins, et indirectement des Etats-Unis. Ils financèrent la création de mouvements d’opposition, dont le plus cruel reste la RENAMO (Resistência Nacional de Moçambique), plongeant le pays dans une guerre civile sanglante qui paralysera l’économie du pays notamment le secteur agricole.

La RENAMO s’appuyait sur la tribu guerrière des ngunis et mèna une guerre terroriste sur l'ensemble du territoire mozambicain. Ce mouvement s’était spécialisé dans le rapt d’enfants destinés à devenir des combattants de la cause. Il savait exploiter à son profit le mécontentement du peuple suscité par la nationalisation des terres.

La guerre civile s’intensifie, malgré le pacte de non-agression, conclu, en 1984, à Nkomati, entre l'Afrique du Sud et le Frelimo, et reconduit en 1987.

Samora Machel meurt en 1986 dans un accident d’avion, imputé aux services secrets sud-africains. Il est remplacé à la tête du pays par le ministre des Affaires étrangères, Joaquim Chissano. En 1989 le FRELIMO renonce au marxisme-leninisme et lance un Plan de relance économique et social (PRES). Une nouvelle constitution d'essence libérale qui autorise le multipartisme est adoptée et le président Chissano entreprend de négocier, à Rome, le cessez-le feu avec les différents groupes armé sous l’égide du Zimbabwe et du Kenya. En octobre 1992, un accord de paix est signé entre le Président Chissano et Alfonso Dhlakama, le chef de la RENAMO qui contrôle environ 20 % du territoire.

La guerre civile aura duré 17 ans, fait plus d’un million de mort dont plus de la moitié à cause de la famine survenu par l’arrêt de l’activité agricole, 1,3 millions de réfugiés et 2 millions de déplacés.

L'espoir d'une ère nouvelle et la reconstruction

En 1994, ont lieu les premières élections multipartistes sous le contrôle de l'ONU. Le FRELIMO sort vainqueur. Joaquim Chissano est réélu président de la République. Il nomme en décembre de la même année, Pascoal Mocumbi premier ministre. Tous les ministres du gouvernement sont issus du FRELIMO.

Le Mozambique obtient des institutions internationales des aides financières pour mettre en place les réformes économiques, réduire la pauvreté et surtout s’occuper des milliers d’enfants orphelins, anciens soldats.

Joaquim Chissano sera réélu en en 1999. Il se retire en 2003.
En décembre 2004, élections législatives et présidentielle donnent une large victoire au FRELIMO et Armando Guebuza est élu président avec 64% des voix face au leader de la Renamo, Afonso Dhlakama, à la tête d’une coalition de plusieurs partis d’opposition. Malgré d’importantes irrégularités, le scrutin est considéré valide par les observateurs internationaux.

Le pays reste malgré tout l’un des plus pauvres au monde. Outre la corruption et la pauvreté, la politique reste instable et les tensions entre le pouvoir en place et la RENAMO restent vives.
De plus, les catastrophes climatiques (inondations de 2000 et 2007, sécheresse de 2002) s’acharnent sur le pays et installent la famine. Outre la flambée des prix qui creuse l’économie mozambicaine, le Mozambique doit faire face à de nouvelles inondations qui ont détruit 90% des récoltes.