Architecture Française à Port Louis
(avec l’aimable autorisation de Bernard Cloutier)

L'île Maurice a été formée à la suite de deux séries d'éruptions volcaniques séparées d'une longue période d'érosion.


Les premiers à avoir découvert l’Ile, au 10è siècle de notre ère, seraient les arabes suivis au début du 15è des malais puis des portugais.
Ces derniers auraient découvert l’île lors de leurs voyages vers les Indes et l’auraient baptisé “Ilha do Cirne” ou « l’île du cygne ». Ils donnent à l’archipel comprenant l’île Maurice, l’île de la Réunion, l’île de Rodrigue, le nom de Mascareignes du nom vient d'un navigateur portugais, Pedro de Mascarenhas.
L’île ne présentant aucun intérêt commercial, ils l’auraient désertée, laissant la voie libre aux hollandais qui y débarquent en 1598 et la baptisent “Maurice”, en l’honneur du Prince Mauritz Van Nassau.

Ce n’est qu’en 1638, après une utilisation sommaire de l'île pour des réparations de bateaux et pour abriter leur flotte, que les hollandais établissent leur première colonie sur l’île. Il s’agit en fait d’un simple établissement, les colons hollandais et leurs esclaves ne dépassant jamais 300 personnes.
Pendant leur occupation, les hollandais ont exploité à outrance les forêts naturelles d'ébéniers et ont exterminé le célèbre dodo, déjà menacé par les Portugais. Ils y introduiront la canne à sucre et le cerf de Java. Ils quitteront définitivement l’île en 1710 et laisseront derrière eux des pousses de cocotiers, des cochons, des canards et des chiens errants.

Cinq ans plus tard, les Français prennent possession de l’île et la renomment «îsle de France». Sous l'administration de Bertrand François Mahé de Labourdonnais, nommé gouverneur pour la Compagnie des Indes Orientales en 1735, l’île se développa économiquement et devint une base navale de premier ordre. De nombreux édifices furent construits.
L'île devint ensuite une base d'opérations pour les corsaires qui s'attaquaient principalement à la flotte britannique.
En quelques années, L’Île de France, île sauvage et désertique, devint une colonie florissante. Pierre Poivre y introduisit en 1750 la culture des épices des Moluques (cannelle, muscade, girofle, etc.).

En 1790, les colons accueillent joyeusement l'annonce de la révolution Française. Mais refusent catégoriquement d’abolir l’esclavage sur l’île.

En 1803, Decaen un des généraux de Napoléon, Capitaine-Général à l'île de France et à l'île Bonaparte (ancienne île de Bourbon) est nommé gouverneur de l’île et crée une force militaire. Decaen était anti-révolutionnaires et favorable à l'esclavage.
Il permit néanmoins aux esclaves en fuite de vivre librement et respecta leur liberté de pratiquer d'autres religions que le christianisme.

En décembre 1810, les flottes anglaises et françaises s'affrontèrent. Après une longue lutte, les anglais prennent le dessus sur les forces françaises qui doivent capituler.
Par le Traité de Paris de 1814 l’île de France et ses dépendances, dont Rodrigues et les Seychelles est cédée aux Anglais. En contrepartie, les colons français gardent leurs terres, affaires, statut et culture.
Devenue britannique, l’Île de France reprendra son ancien nom hollandais, l'île Maurice.

La décision la plus importante de l’administration britannique sera l’abolition de l’esclavage en 1835 malgré l’opposition des colons. Elle se passera en douceur : les colons seront indemnisés et les anciens esclaves trouveront un soutien physique et moral auprès du célèbre missionnaire Jacques Désiré Laval (béatifié en 1979 par Jean-Paul II).
Pour faire face à la pénurie de main d’œuvre au sein de l’industrie sucrière, les autorités feront appel massivement à une main d'oeuvre libre d'origine indienne. C'est le début des grandes vagues migratrices et d’un accroissement considérable de la population qui, 25 ans plus tard, sera pour moitié d’origine indienne.
L’arrivée de cette main d’oeuvre aura pour résulta un développement accéléré de l'industrie sucrière et une vague de prospérité à partir de 1850.

En 1885, les Britanniques créèrent un Conseil législatif.

De nouveaux progrès constitutionnels allaient être réalisés en 1937 à la suite de la répression de la première grève où les travailleurs aux champs s'opposent aux propriétaires. Il s’ensuivra la fondation du premier parti politique de l’île, le Parti travailliste qui regroupa des gens de couleurs et certains intellectuels indo-mauriciens, et la reconnaissance des syndicats des travailleurs.

En 1947, le suffrage censitaire est supprimé et il est donné droit, à tout mauricien sachant signé, de pouvoir voter, ce qui concernait à l’époque près de la moitié de la population. En 1958, le suffrage universel est instauré.

Les premières élections libres seront toutes gagnées par le parti travailliste avec à sa tête, sir Seewoosagur Ramgoolam qui deviendra premier ministre en 1967. Il oeuvrera sans relâche pour obtenir l’indépendance de son pays, chose faite en 1968.

Le 12 mars 1992, Maurice est devenue une république, tout en restant au sein du Commonwealth.