Le dodo

dodo

Le dodo ou dronte (Raphus cucullatus) était un oiseau coureur endémique de l'Île Maurice, vivant dans les forêts ou les plaines. Il construisait son nid à même le sol, en pyramide avec des feuilles de palmier et ne pondait qu’un seul œuf.

Il a été découvert en 1598 par les marins portugais, les premiers à accoster sur l’île Maurice.

L’arrivée des expéditions hollandaises à la recherche d'épices orientales, placées sous les ordres de l'amiral Jacob Cornelius van Neck déclencha un véritable massacre qui aboutit en moins d’un siècle à l’extinction de cet oiseau.

Nom

Le nom de « dronte » viendrait d'un mot indigène de l'île Maurice, alors que le nom de « dodo » serait originaire du néerlandais dodars ou dodoors, qui signifie « paresseux » et qui est également à l'origine de l'expression enfantine « faire dodo ».

L'étymologie la plus couramment admise est que le mot vient du portugais «Duedo», «doudo» ou «doido» qui signifie fou, simplet, idiot ou stupide.

Description

Le dodo ressemblait à une grosse dinde de quelque 70 cm de haut, pouvant peser jusqu’à 14 kg. Il n’y avait pas de plume mais un duvet court sombre et moiré et fourni sur tout le corps. Il avait des ailes courtes et grêles qui lui donnaient une allure gauche et lourdaude, des pattes noires, fortes et pourvues de quatre doigts jaunes.

Sa drôle de queue était formée de quelques plumes assez courtes qui, parait-il, étaient très appréciées pour l’ornement des chapeaux des dames du 17° siècle.
Sa tête, en partie nue, était coiffée d'un capuchon noir. Son grand bec puissant, jaunâtre, était allongé et recourbé. Il pouvait infliger une morsure effrayante à l’occasion d’une menace pour lui-même ou pour ses petits.

Il avait un cri qui ressemblait, dit-on, au braiment d’un âne.

Voici ce qu’en dit BUFFON (1707 - 1788 ; Célèbre naturiste qui a embrassé tous les domaines de l'histoire naturelle, un des précurseurs de l'anatomie comparative) dans son "Histoire Naturelle des oiseaux" bien qu’il n’ait pas connu cet oiseau.

"Représentez-vous un corps massif et presque cubique, à peine soutenu par 2 piliers très gros et très courts.
Les premiers Hollandais qui le virent dans l'île Maurice, aujourd'hui l'Ile-de-France, l'appelèrent walg-vogel, oiseau de dégoût (...)
La grosseur qui, dans les animaux, suppose la force, ne produit ici que la pesanteur. L'autruche, le touyou, le casoar, ne sont pas plus en état de voler que le dronte ; mais du moins ils sont très vites à la course, au lieu que le dronte paroît accablé par son propre poids, et avoir à peine la force de se traîner : c'est dans les oiseaux ce que le paresseux est dans les quadrupèdes ; on diroit qu'il est composé d'une matière brute, inactive, où les molécules vivantes ont été trop épargnées. Il a des ailes, mais ses ailes sont trop courtes et trop foibles pour l'élancer dans les airs ; il a une queue, mais cette queue est disproportionnée et hors de sa place : on le prendroit pour une tortue qui se seroit affublée de la dépouille d'un oiseau ; et la nature, en lui accordant ces ornements inutiles, semble avoir voulu ajouter l'embarras à la pesanteur, la gaucherie des mouvements à l'inertie de la masse, et rendre sa lourde épaisseur encore plus choquante, en faisant souvenir qu'il est un oiseau."

Cuvier (célèbre Zoologiste et paléontologiste français 1769-1832) le classa parmi les gallinacés. En 2002, l’analyse de l'ADN prélevé sur un Dodo naturalisé a confirmé sa parenté avec les pigeons et les colombes.

L’exitermination

L'île Maurice n'ayant que 10 millions d'années, le dodo n'y avait aucun prédateur avant l'arrivée des Européens. Issu des pigeons africains, l'espèce avait évolué en oiseau coureur aux ailes atrophiées. Le dodo grattait le sol des forêts à la recherche de baies, feuilles, fruits et graines. Il participait à la germination des graines de tambalacoque (un arbre d'une grande longévité de la famille des Sapotacées endémique de l'île Maurice. Il est connu pour le fait que ses graines ne peuvent germer qu'après ingestion par un oiseau.).

Ayant évolué dans un environnement isolé, du fait de l'absence de prédateurs, le dronte avait perdu son aptitude au vol. De plus, c’était un oiseau lourd, marchant mal et incapable de courir sous peine de rouler par terre. De fait, il fut le gibier le plus facile à chasser et fut vite anéanti. Les Hollandais en tuèrent la majorité pour consommer leur chair ; ainsi, ils en chargèrent leurs navires afin de disposer d'une bonne réserve de nourriture. Ils le surnommèrent walgvogel (« oiseau dégoûtant ») car sa viande n'était plus comestible deux jours après la cuisson.

De plus, le déboisement des forêts détruisit son habitat et les animaux domestiques introduits par l'homme - les porcs, chèvres, chats, rats et singes - qui devinrent bientôt sauvages dans l'île, durent contribuer à la perte de l'espèce en chassant cet animal incapable de fuir, en dévorant ses petits et en se nourrissant de ses oeufs.

Toutes ces causes ont participé à l'extinction de l'espèce. Le dernier Dodo est mort en 1681, moins de 100 ans après leurs découverte.

De nos jours, des parties de squelettes et un squelette complet assemblé à partir de plusieurs oiseaux sont tout ce qui le représente dans les musées. L’unique exemplaire de cet oiseau est empaillé au musée de Port-Louis.

Aujourd’hui, le dodo figure sur le blason de l’île Maurice.