DIAKADI / Afrique Australe / Madagascar

Le peuplement malgache serait le fruit d'immigrations successives aux origines diverses.

Les premiers peuplements

Deux chronologies déterminent la période des premiers peuplements de l'île.
La première, à partir du 6è siècle avant J-C, aurait vu venir, les "Vazimba", venant d'Indonésie et du sud-est asiatique. Ils auraient abordé Madagascar par l'ouest et le nord-ouest après s’être d'abord établis dans l'archipel des Comores.
Les populations Vazimba auraient, ensuite, été combattues et absorbées par une seconde vague d’immigration d’Indonésiens qui occupèrent les plateaux centraux de l'île aux 6e et 7e siècles après J.C.
C’était principalement des commerçants naviguant le long des côtes sur des pirogues appelés sambo et fiara, capables de transporter jusqu'à mille personnes et plusieurs centaines de tonnes de marchandises. Sur ces bateaux, il y avait aussi des serviteurs noirs, africains sans doute mais peut-être aussi de l’Inde du Sud.
L'installation de ces populations indonésiennes à Madagascar s'est effectuée dans un cadre de migrations organisées étalées sur plusieurs siècles.

L’immigration arabe et africaine

Après ces anciennes migrations indonésiennes et malaisienne, c'est au tour des Sémites et Arabes islamisés d’explorer l’île au 9è siècle. Grands navigateurs et commerçants, ils écument l'Océan Indien et installent de nombreux comptoirs sur les côtes nord-ouest et nord-est de Madagascar.
S’ajouteront plus tard les migrations issues du continent africain, liées notamment à la traite d’esclaves pratiquées sur une grande échelle par les musulmans qui établissent leurs premières colonies à Vohémar, à partir du 10è siècle.

Les premières tentatives d’implantation européennes

Le premier européen à découvrir la Grande Ile sera le Portugais Diego Dias en 1500. Madagascar devient alors une escale sur la route des Indes et fait l'objet de nombreuses tentatives d'implantations européennes. Après les Portugais (XVIe siècle), c'est au tour des Hollandais (fin du XVIe siècle) et des Anglais (XVIIe siècle) d'essayer d'y établir des colonies.

De part leur volonté incontestable de convertir les populations au christianisme, les relations furent immédiatement tendues. Les européens durent abandonner leur projet d’installation sur l’île.

Seuls les français réussirent à installer une colonie pendant 30 ans (1642-1672) sur le site de Fort-Dauphin mais sans parvenir de gagner la confiance des chefs locaux. Les difficultés et les fréquents conflits avec les indigènes eurent raison de leur détermination : la colonisation ne pu être étendue.

Le royaume Mérina

Au 17e siècle, l’île comprend de nombreux royaumes indépendants notamment celui des Sakalava, cette ethnie venue de la côte Est à la fin du 15è siècle et qui domina l’Ouest grâce aux armes obtenues des négriers avec lesquels ils avaient des liens commerciaux très étroits. Ils durent néanmoins céder leurs territoires côtiers aux français contre leur protection.

A partir de la fin du 18e, le Royaume de Mérina (ou imérina) domine l'île de Madagascar. Grâce à des rois visionnaires, tel que Andrianampoinimerina (1786-1810), le royaume de Mérina sera agrandi avant d’être pacifié.

Radama 1er, attiré par l’occident, la modernité et le progrès ouvre les portes de l’Imerina aux anglais déjà établis sur l’Île Maurice. Ce qui leur permit de mettre en place les bases d’une entreprise coloniale qui dura plus d’un siècle. Les anglais voulaient mettre fin à la traite des esclaves, mais les Merina et d’autres états de l’Île s’y opposaient car ils échangeaient les esclaves contre des armes à feu, essentielles à leurs idées d’expansion.
Radama 1er mourut en 1828 en laissant un pays où la présence occidentale s’était imposée mais où les traditions restaient très présentes.
Son règne de courte durée (1810-1828) sera suivi par le celui de sa première épouse, la reine Ranavalona Ire.
Très traditionaliste, anti-européenne et antichrétienne, elle chassa les Européens et fit régner l’ordre par la terreur.

A sa mort, en 1861, son fils Rakoto ou Radama II prit le pouvoir. Extrêmement populaire, il fit abolir la peine de mort, libéra les chrétiens prisonniers et ouvrit de nouveau le pays aux influences étrangères malgré l’opposition de ses vassaux qui le firent assassiné en 1863.

Il sera remplacé sur le trône par sa femme Rasoherina, mais ce règne et les suivants furent marqués surtout par le premier ministre Rainnilalarivony, frère du défunt Ramada II, qui épousa successivement trois reines, décida de la politique de Madagascar et conserva le pouvoir durant plus de trente ans (1864-1895).
Cette période fut marquée par un développement de l'évangélisation et de la scolarisation avec la transcription phonétique du Malgache, et l’installation de dispensaires.

La colonisation française

Durant les années 1883-1885, l’assassinat d’un français provoque un conflit et relance les revendications territoriales sur les côtes. Une expédition est déclenchée par la France pour obtenir le droit de propriété en faveur des européens et protéger les Sakalava, alors alliés des Français.
La France qui s’est vu attribué Madagascar au congrès de Berlin en 1885 au détriment de la Grande-Bretagne et en contrepartie de Zanzibar, impose son protectorat. Elle procède à des actions militaires et annexe l’île en 1896 après un an de combats.
La reine Ranavalona III sera exilée à Alger et Madagascar prendra le statut de colonie.

Face à l'autorité coloniale, une résistance locale se développe. Au départ il s’agit de groupe de révoltés nationalistes et traditionalistes, prônant la conservation de la religion des ancêtres et la fidélité à la royauté. Les revendications seront ensuite relayées par les élites déçues par l'impossibilité d'accéder à une égalité de droit, sociale et politique.

En 1947, le mouvement démocratique de rénovation malgache (MDRM) réclame l’indépendance. Le 29 mars 1947, l’insurrection éclate en plusieurs points. Sévèrement réprimée, cette rébellion (89 000 mort côté insurgés) marque une étape décisive dans la lutte pour l'indépendance. En 1957, Madagascar obtient l’autonomie puis l’indépendance en 1960. Philibert Tsiranana proche d’un socialisme modéré (1959-1972) devient le président. Les forces françaises ne quittèrent l’île qu'à partir de 1973 et Madagascar quitta la zone franc.

La première république (1960 – 1972)

Sa politique concilia une idéologie sociale-démocrate et une économie libérale. Les moyens de production resteront sous la tutelle du secteur privé. Le multipartisme ne sera jamais remis en question. Pourtant en 1970, après une décennie de stabilité politique, face à une stagnation du développement, l’île est ébranlée par de graves troubles politiques et sociaux. La Première République prend fin en 1972 avec la démission de, Philibert TSIRANANA, malade, en faveur du Général Gabriel RAMANANTSOA.

La deuxième république (1972 – 1992)

Suit une période trouble jusqu’en 1975. A la fin de cette année, Madagascar devint une république démocratique socialiste. Didier Ratsiraka, jeune capitaine de frégate et ministre des affaires étrangères, sera nommé chef d’un directoire militaire.
Proche de l’idéal communiste de l’URSS, il nationalise la majorité des sociétés post coloniales (banques, assurances, industrie, etc…) et devient président de la nouvelle république démocratique de Madagascar instituée par la nouvelle constitution adoptée par référendum. Il installe un régime révolutionnaire avec un parti unique, l’AREMA, copiant celui de ses modèles, Fidel Castro et Kadhafi.
Il ne sera démocratiquement élu qu'en 1982, puis réélu en 1989.
Après 16 ans d’un règne sans partage, Didier Ratsiraka, doit démissionner à la suite d’un mouvement de grève en 1991. Devant les pressions, il accepte la création d’un Gouvernement d’Union nationale de transition. Une Nouvelle Constitution est adoptée.

Troisième république (1992 à ce jour)

Le 6 août 1993, Albert Zafy est le premier président malgache élu à la suite d’élections multipartites. Sa présidence fut marquée par une instabilité politique sans précédant dans l’histoire de Madagascar : 6 gouvernements, trois premiers ministres en 4 ans.
Il sera destitué en 1996 par l’Assemblée nationale.

Réélu de peu lors du scrutin anticipé de 1997, Didier Ratsiraka apporte des modifications à la Constitution et met en place un régime présidentiel fort.
La Constitution est révisée et lui donne le droit de nommer un Premier ministre étranger à la majorité parlementaire : Tantely Andrianarivo succède à Pascal Rakotomavo, à la direction du gouvernement (1998).
Par référendum, le nom de République démocratique de Madagascar est remplacé, par celui de République de Madagascar.
Le gouvernement s’engage avec le FMI et la Banque mondiale en 1999 à privatiser les principales sociétés d’Etat, et la vente de quelques sociétés nationales afin d’obtenir de nouvelles aides.
En mars 2000, le pays subit deux cyclones qui provoquèrent la mort de 130 personnes et fit 10 000 sans-abri. Une nouvelle crise économique et sanitaire surgit.

Candidat aux élections présidentielles de décembre 2001, Didier Ratsiraka sera battu par son rival Marc Ravalomanana.
Ce dernier ne sera déclaré vainqueur qu’après moult péripéties (boycotte du second tour, manifestations populaires et nouveau décompte des voix) le 26 juin 2002, date de l’anniversaire de l’indépendance du pays.

Réélu en 2006, la politique de Marc Ravalomanana est motivée par un discours prônant la lutte contre la corruption et un développement rapide et durable.