DIAKADI / Afrique Australe / Le Lesotho

Les Bochimans, nomades chasseurs-cueilleurs vivants en Afrique du Sud depuis des milliers d'années, furent le premier peuple à occuper cette terre. Ils furent quasiment les seuls habitants du pays jusqu’à l’arrivée au 17è siècle de groupes d'éleveurs sothos fuyant l'expansion des Zoulous et à la progression des colons hollandais (boers).

Au 19è siècle, l'un des chefs sothos Moshoeshoe Ier (1786-1870), réussit à unifier les 23 ethnies de Sothos du Sud lors du Mfecane, une série de conflits nés de la rencontre des expansionnismes boers et zoulous.

Devant l’avancée des boers avec l'État libre d'Orange, Moshoeshoe s'allia aux Britanniques puis en 1868, plaça son royaume sous protectorat britannique et prit le nom de Basutoland. En 1881, après avoir été placé par les Britanniques sous le contrôle de la colonie du Cap contre leur assentiment, les sothos commencèrent un début de guerre contre leurs protecteurs anglais et obtinrent de conserver leurs armes moyennant une taxe, et il fut assuré que les Blancs ne pourraient acquérir de terre dans le pays.

Précocement christianisée, les Sothos durent aux missions chrétiennes un degré d'instruction assez élevé et la forme écrite et l'orthographe du sotho.

En 1952 la vie politique prend un nouvel élan avec la création du Basotho Congress Party, qui gagne les premières élections de 1960 ; Il est battu cinq ans après devant le Basotho National Party. Son Leader, Joseph Leabua Jonathan, est nommé Premier ministre.

Ayant réussit à conserver son autonomie, le Basutoland devint indépendant sous le nom de royaume du Lesotho, le 4 octobre 1966 et se renomme Lesotho puis devient une monarchie et le chef suprême des Sothos, Moshoeshoe II, prend officiellement possession du trône.

Malgré sa désapprobation de l'apartheid, le Royaume, de par sa situation géographique, dû faire preuve de pragmatisme et coopèrera néanmoins avec l'Afrique du Sud, dirigée à cette époque par la minorité blanche, dont il reçoit le soutien.

En 1970, le roi perd son pouvoir au profit de son Premier ministre Joseph Leabua Jonathan. Ce dernier annule les élections, déclare l’état d’urgence et règne en dictateur jusqu’en 1986 où il est renversé par un coup d'état militaire.

Les pouvoirs exécutif et législatif furent officiellement confiés au roi Moshoeshoe II, mais, dans les faits, ils furent exercés par un conseil militaire dirigé par le général Justin Lekhanya.

En 1993, après une période mouvementée (exil du Roi Moshoeshoe II déposé en faveur de son fils aîné Letsie III, divers coups d’état, lancement du processus de démocratisation) les civils, reviennent à la tête du pays. Letsie III abdique en faveur de son père mais reviendra au pouvoir 3 ans plus tard après la mort accidentelle de Moshoeshoe II.

En 1998, à la suite d’élections législatives contestées et la victoire du le Congrès pour la démocratie au Lesotho (Lesotho Congress for Democracy, LCD), le nouveau premier ministre Pakalitha Mosisili fait appel à l’Afrique du Sud et au Botswana pour mettre un terme début de guerre civile et rétablir l’ordre.

Les élections législatives de 2002, puis de 2007 jugées libres, régulières et transparentes par les observateurs internationaux confirment la domination du LCD et reconduit pour la troisième fois Pakalitha Mosisili au poste de Premier ministre. La situation politique semble désormais stabilisée avec le scrutin de 2007.